« Pourquoi Nicolas Beytout n’est pas fan des blogueurs ? | Accueil | Ismaël, de l'association Vagdespoir »

 
29 août
2008
Le gai savoir de l'écolo
   
Commentaires Commentaires (View)
 

2007_02_art2_2Deuxième jour des universités : la conférence s'intitulait La vie en vert pour voir la vie en rose. Il est neuf heures, amphi Gay-Lussac et comme ne pourra s'empêcher de le faire remarquer d'ici une petite une heure Marc Jolivet, invité au débat, nous avons – je cite – tous un « balai dans le cul ». Pas de doute, le développement durable est un enjeu majeur, nous sommes tous bien graves dans la salle, tous d'accords pour dire que les entreprises façonnent le monde et ont à ce titre un rôle majeur à jouer.

On commence à se rendre compte que dans l’équation économique, l’environnement fait partie des variables complexes et que ça n’en pas juste une donnée initiale... 

A mesure que cette nouvelle conscience grandit, on se dit qu’il va bien falloir se serrer la ceinture pour rattraper les négligences passée d’un système qui n’avait structurellement pas conscience de son milieu et qui donc a fait n’importe quoi en toute bonne foi.

Le défi est grand, il y a de quoi s’agiter parce que les corrections à venir vont être rudes. Et pourtant, nous nous sommes tous héroïquement résignés à accepter ce chemin de croix parce que notre sens moral l’exige. Vous connaissez les trois « R » ? Réduire, Ré-utiliser, Recycler. Et les refrains qui vont avec ? Il faut trier, se restreindre, économiser, protéger, réparer, passer des directives, se serrer la ceinture, accepter des coûts en plus, payer des taxes, faire pénitence, réaligner etc. pour enfin se dire qu'on a bien agi. Il ne semble pas y avoir d’autre solution, il faut l’accepter stoïquement.

Sauf qu'en bons économistes, arrêtons-nous un peu. Donnée de base, les gens n'adoptent des comportements que s’ils y trouvent d’une manière ou d’une autre leur propre intérêt. De la morale, il n’y a rien à attendre, elle n’a d’énergie que parce qu’au fond elle vient des limbes de l’intérêt...une différence qui explique bien pourquoi les changements de société sont bizarrement plus lents que ceux de nos jugements.

Face à l’écologie de contrainte, la moralite expiatoire qui se répand pour nous culpabiliser et annoncer un monde moins abondant il y a un gai savoir écolo à défendre, qui pointait un peu à travers le discours des intervenants et dont je veux pousser ici la logique jusqu'au bout pour qu'on arrête de se flageller.  Comme on nous a sucré notre droit aux questions pendant ce débat (affres du  format radio), ça tombe bien, je peux intervenir ici pour compenser et évoquer un livre que j'affectione beaucoup et qui à ma connaissance n’a pas été traduit chez nous et manque cruellement, à savoir Cradle to Cradle de W. Mc Donough.

En l’occurrence, cet auteur qui est un vrai gourou du vert outre-atlantique refuse de se contenter des trois « R » parce qu’ils ne peuvent que nous amener à nous serrer la ceinture et ne résolvent rien de notre problème. Consommer et jeter moins, c’est du maquillage, le problème est ailleurs. On sait bien que « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Pour devenir vert, il faut en finir avec la chaîne de production linéaire, il faut un quatrième « R », celui du Raccord à faire entre nos inputs et nos outputs.

Et le défi du développement durable il est là, il concerne ce désert immense où quasiment personne n’a essayé de faire de la gestion des outputs autre chose qu’une charge publique. Imaginez un peu, tout ces matières première gratuites que les consommateurs sont prêts à rendre : plastiques, tôles, aluminium, verre, briques etc. Ce ne sont pas les matériaux qui les intéressent, ce sont les services qu’ils rendent. Il est 100% garanti qu’ils les rendront sans complexe au premier problème, d’ailleurs ça se fait déjà, Nokia récupère les anciens mobiles de ses clients mais on est encore loin de tous le savoir. D'ailleurs, vous savez vous à qui vous adresser quand vous jetez un ordinateur ? un TV ? un canapé ? un lit ? Tout part du côté obscur de la chaîne de production, dans les décharges...

Bien sûr le tri et la séparation des matériaux rendent tout ça compliqué et c’est là qu’intervient le changement dans la conception des objets : montable-démontable, pas d’assemblage irréversible. Et paradoxalement, c’est la possibilité d’une consommation infiniment renouvelée qui devient une position écolo. Il n’y a de quoi tirer une mine triste en s’inquiétant toujours par amour abstrait de la planète et de l’humanité. D’ailleurs c’est quoi l’amour de la planète et de l’humanité ? Qu’est-ce que ça a fait bouger ? Non, il y a un potentiel vert énorme via le business et c’est bon ! L’écologie, ce n’est pas un mea culpa, c’est la deuxième partie de l’équation de production, celle qui permet enfin de prendre acte de cette vérité indubitable déjà mentionnée : "rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme". Et si tout est transformation, alors les matières premières sont partout...ce n'est pas que le problème des industriels.

Commentaires


Ils voient
en grand...
Auteurs
Leïla Ghandi Philippe Rodriguez Hélène Frébourg Clément Petit
Laurence Thurion Bertrand Duperrin Rodrigo SEPÚLVEDA SCHULZ Emery Doligé
Mousselmal Tarik Alexis Hubeau Fabien PRETRE Vincent Ducrey
Frédéric Chevalier Patrice Vuillard Soumia Malinbaum Erick Roux de Bezieux
Eric Blot Valérie Bernard Charles Liebert Amaury de Buchet
Stephane Zibi Guillaume Alonso Cyril Attias Paule Boffa Comby
Consulter leur profil
Prud'hommes
banniere prud'hommes
Goojet

Banniere Goojet

Réseaux
sociaux...
Mybloglog