| 31 août
2008 |
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« La valeur n’attend pas le nombre des années », c’est le thème de la dernière conférence à laquelle j’ai assisté dans le cadre de cette Université d’Eté du MEDEF. Un débat riche et intéressant qui m’a conforté dans l’idée que notre pays se referme sur une crise identitaire dont il ne semble pas vouloir ressortir.
Les commentaires des intervenants présents comme Laurent Wauquiez, Zina El-Gheribi, Lise de La Salle ou encore de Lionel Primaut, confirment que la société française supporte un drame national qui fait rimer conformisme avec pessimisme.
Les français critiquent beaucoup mais supportent difficilement d’être critiqués. Notre Histoire est riche, personne ne le conteste. Pourtant lorsque vous interrogez les jeunes sur la dernière grande révolution que la France a connue, beaucoup seront tentés de vous parlez de Mai 1968 plutôt que de celle de 1789 !
Incompréhension, bêtise ou défaut de connaissance ? Non, simplement la pression de la famille qui a érigé ce « mois sacré » en nouvel indicateur de référence historique. Jusqu’au milieu des années 90, ma génération –les trentenaires- a connu le poids d’un autre indicateur tout aussi pesant, celui de la seconde guerre mondiale et de son nécessaire devoir de mémoire.
Cette réécriture de l’Histoire imposée par les lumières parentales leste lourdement une jeunesse qui a du mal à se construire sa propre identité, déterminer ses propres repères et appliquer les valeurs qu’elle entend faire siennes.
Lorsque l’on évoque la question de la jeunesse et du travail, plusieurs sentiments contradictoires ressortent au grand jour : d’un côté l’Etat n’assume pas ses responsabilités et demeure éloigné de l’égalité des chances qu’il dit assurer, d’un autre côté les jeunes dont le cœur balance entre leur volonté de « se lancer » en fonction de leurs envies et d’être contraints de renoncer par manque de moyens.
La France reconnaît constitutionnellement le droit à chaque citoyen de disposer des libertés de parole et de conscience, mais elle les prive chaque jour de la liberté d’initiative et de celle d’entreprendre comme ils le désirent.
Les jeunes ont des projets mais lorsqu’ils sont issus d’un milieu modeste, les difficultés forment un poids tel, qu’il ne leur permet souvent d’exprimer que des regrets. Des destins et des rêves brisés qui viennent joncher le sol d’une société morcelée.
Ils s’enferrent alors dans une seule liberté, celle d’espérer à un avenir meilleur….
Nous souffrons terriblement de cloisonnement et de conformisme. Notre jeunesse a perdu confiance en elle et pire, elle a perdu confiance en la France ! Elle adopte désormais le schéma que leurs parents ont imposé. Le fameux « passe ton bac d’abord ! » claque comme une gifle violente. Une jeunesse qui baisse la tête est une jeunesse qui se perd.
La société française doit accepter la richesse de sa diversité. Elle doit donner sa place à la passion, donner un droit à l’envie et donner sa chance aux idées nouvelles. Les jeunes français doivent croire en eux et ne pas attendre trop des autres pour avancer. L’individualisme est parent de l’attentisme….
Les jeunes français doivent user de la liberté jusqu’à la corde ! Ils doivent se délester d’un héritage imposé pour en construire un, nouveau, gorgée de modernité. S’ils parviennent à rassembler leurs énergies, ils pourront construire tous ensemble…..une France qui leur ressemble.

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