« Innover : une nécessité impérative ... | Accueil | Teasing : Silence... On tourne ! »

 
29 août
2008
Donnez-moi un levier et je soulèverai le monde.
   
Commentaires Commentaires (View)
 

Les débats se suivent jeudi et d’un sujet à l’autre, quelques passerelles se font dans ma tête...

Vous ne vous êtes jamais demandé comment,au final, on a pu en arriver à pouvoir changer le climat de la planète ? Comment on a pu rassembler cette force herculéenne au bras malheureux ? La question est encore plus délirante quand on sait que ce bras, il ne correspond qu’à un sixième de la planète, le milliard « développé » si industrieux et industriel… Elle vient d’où cette force ?...

Spontanément on se dit que c’est le pouvoir de la science, la main mise de l’homme sur la nature, la facilité d’obtenir des effets énormes d’un rien…mais pour autant que je sache ce ne sont pas les quelques essais nucléaires de l’histoire toutefois fort puissants qui ont déréglés le climat mais plutôt l’usage répété et systématique de voitures, de frigo, de climatisation, de radiateurs etc. bref de tout ce qui a accompagné la spectaculaire croissance du XX siècle.

Cette force collective qu’on a développée, elle vient de cette merveilleuse ingénierie du possible qu’est le capitalisme. Comme l’a très justement souligné Gil Delanoi au cours de la plénière «Le capitalisme à but non lucratif », le capitalisme par sa tendance à concentrer est très utile comme force et énergie. Les capitaux qu’il permet de confier aux entrepreneurs augmentent littéralement « l’agir possible » et pas qu’à l’instant t du transfert puisqu’un entrepreneur, par définition, ça veut perdurer et c’est pour ça que ça cherche des profits.

Alors du possible qui dure, partout, de plus en plus, ça fait de la croissance, ça fait des opportunités qui se développent et c’est bien. Interrogée sur le développement de l’Afrique, l’une des invitées de la plénière de jeudi rappelait d'ailleurs que les pays de ce continent ont aussi besoin du capitalisme « normal » et que l’approche de la micro-finance n’est pas une innovation pour toute la chaîne de développement et que c’est un « starter » qui doit appeler à d’autres stades.

Le problème, c’est que le possible on peut toujours en trouver et que le capitalisme s’il est très utile, n’en reste pas moins comme toute technique – et je dis bien technique – aveugle. En effet, si science sans conscience, n’est qu’une ruine de l’âme, il me semble pour autant que ça ne remet pas en cause la science elle-même…et quand il s’agit d’augmenter durablement la portée des actions humaines, le capitalisme a fait je crois ses preuves. Le problème n’est pas dans l’outil qui permet de saisir de nouvelles opportunités, il est dans les opportunités qu’on choisit justement de retenir.

Et ça c’est un autre domaine où l’on n’a justement pas de technique, où il faut faire des choix et où la force qu’on a accumulé par la technique fait qu’on se retrouve face à des engagements généralement irréversibles (on ne change pas d’avis sans coût quoi…c’est un peu comme les rappels forts coûteux de batteries auxquels on a assisté ces dernières années).

Sur la question des choix, je reviendrai sur un autre mot lumineux de Gil Delannoi, pour distinguer le capitalisme du libéralisme, à savoir que pour en comprendre la différence quasiment de nature, il suffit de regarder la Chine qui est très manifestement un pays capitaliste et très manifestement un pays non-libéral. La technique financière est entièrement alignée sur les objectifs d’un parti politique unique, ce qui fait que pour ainsi dire en Chine, on met tous les œufs du développement dans le même panier. A l’heure où la diversification des portefeuilles est la base de toute gestion du risque, c’est un peu à contre-courant des réflexes de prudence, vous me l’accorderez bien. Bon, il est facile de concéder que ce grand pays sait à peu près où il va, ça s’appelle la convergence économique…mais après ?

Prenons un horizon très lointain, celui d’un monde où la convergence est générale, en quelle mode de croissance pourrait-on croire ? Sans carte, sans modèle, on y va à tâtons, pas en courant…on diversifie le risque, on fragmente et d’accord on va moins vite…mais qui a envie de courir quand honnêtement à la barre on reconnaît qu’on ne sait pas où l’on va.

L’aversion au risque, c’est valable aussi pour conduire un monde. Il n’y en a qu’un seul. Il n’est pas inutile de le rappeler.

Commentaires


Ils voient
en grand...
Auteurs
Leïla Ghandi Philippe Rodriguez Hélène Frébourg Clément Petit
Laurence Thurion Bertrand Duperrin Rodrigo SEPÚLVEDA SCHULZ Emery Doligé
Mousselmal Tarik Alexis Hubeau Fabien PRETRE Vincent Ducrey
Frédéric Chevalier Patrice Vuillard Soumia Malinbaum Erick Roux de Bezieux
Eric Blot Valérie Bernard Charles Liebert Amaury de Buchet
Stephane Zibi Guillaume Alonso Cyril Attias Paule Boffa Comby
Consulter leur profil
Prud'hommes
banniere prud'hommes
Goojet

Banniere Goojet

Réseaux
sociaux...
Mybloglog