| 27 août
2008 |
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Jolie brochette d'intervenants réunis autour de Jacques Hébert pour cette table ronde subtilement intitulée « L'opinion publique : titan ou tyran ? ». Salle comble, eu égard à la qualité du plateau : il y a des intellectuels, Raymond Boudon et Roberto Frega, des publicistes et communicants comme Christophe Lambert et Thierry Saussez, et des hommes politiques comme le député européen PS Henri Weber et le ministre du Travail Xavier Bertrand. Fil directeur de cette table ronde : quelle force pour l'opinion publique ? La fabrique-t-on ? La contrôle-t-on ?
Diversité des intervenants oblige, le contenu des discours est très hétérogène, et bien hardi celui qui pourra déclarer péremptoirement qu'ils sont miscibles entre eux. On assiste tantôt à des réflexions philosophiques très pertinentes sur le rapport entre démocratie et opinion, tantôt à des exercices de séduction assez grotesques, prétexte pour évoquer l'action gouvernementale. On notera ainsi cette remarque de Thierry Saussez, qui ne manque pas de laisser indifférent, sur la différence perceptible — évidemment — entre adhésion et popularité, sur laquelle il conclut habilement qu'on peut être impopulaire dans l'opinion et pourtant révéré pour son action. Le rapport avec le récent conflit sondagier ayant montré un président à la cote de popularité stagnante alors même qu'un autre sondage concernant les intentions de vote en cas d'élections présidentielles en cette fin du mois d'août le montrait clairement à son avantage est cousu de fil blanc, et d'ailleurs Thierry Saussez ne s'en cache pas. On se demande comment lire cette remarque : la remarque a-t-elle découlé de l'examen empirique et critique dudit exemple ou a-t-elle été bricolée à l'avantage du gouvernement pour résoudre ce délicat paradoxe ? L'universitaire que je suis ne peut que rester circonspect.
La palme revient à Mathieu Ricard, moine bouddhiste, qui livre une relecture assez lointaine mais appréciable de la notion wébérienne de pouvoir d'influence, et à Henri Weber, qui réalise une synthèse convaincante entre philosophie (dont il provient) et action politique (dont il vit).
C'est en les écoutant qu'une réflexion m'est venue et a cheminée dans mon esprit : la démagogie n'est-elle pas l'avenir de l'action politique, la seule voie possible pour dompter l'opinion publique et réconcilier les citoyens avec leur classe politique ? Plus d'explications sur mon blog.
Nick Carraway





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